M. Stephen Smith, Député
MINISTRE AUSTRALIEN DES AFFAIRES ETRANGERES
Discours :
Perth, le 3 septembre 2009
Conférence Africa Down Under
Tout d'abord, je tiens à remercier Bill Repard, Président exécutif de Paydirt Media, pour m'avoir invité à prononcer un discours à l'occasion de la Conférence Africa Down Under.
Je vous souhaite à tous la bienvenue à cette conférence, en Australie et à Perth.
Je souhaite notamment la bienvenue à nos invités ministériels africains :
- Mme Susan Shabangu, Ministre des ressources minérales et de l'énergie de la République sud-africaine,
- M. Collins Dauda, Ministre des terres, des mines et des ressources naturelles du Ghana, et
- M. Ahmed Haj Ali, Ministre des mines d'Érythrée.
Bienvenue également à M. Gary Gray, Secrétaire d'état chargé du Développement régional et de l'Australie du Nord.
Je souhaite aussi la bienvenue à Perth aux hauts-commissaires de plusieurs pays africains que j'ai déjà rencontrés à Canberra :
- SE M. Christopher James LUKABYO, Haut-commissaire de l'Ouganda,
- SE M. Sunday Oluwadare AGBI, Haut-commissaire du Nigéria,
- SE M. Molosiwa SELEPENG, Haut-commissaire du Botswana, et
- SE M. Lenin Magigwane SHOPE, Haut-commissaire d'Afrique du Sud.
Je souhaite également la bienvenue aux hauts-commissaires et aux ambassadeurs de plusieurs pays africains :
- SE Mme Ann Harrap, Haute-commissaire australienne à Pretoria, en Afrique du Sud,
- SE Mme Lisa Filipetto, Haute-commissaire australienne à Nairobi, au Kenya,
- SE M. Jeff Hart, Haut-commissaire australien à Abuja, au Nigéria,
- SE M. John Courtney, Ambassadeur australien à Harare, au Zimbabwe, et
- SE M. Billy Williams, Haut-commissaire australien à Accra, au Ghana.
Je salue également le Délégué commercial principal australien pour l'Afrique subsaharienne, M. Greg Hull - qui nous rejoint aujourd'hui en provenance de Johannesburg.
Je salue également les hauts fonctionnaires du secteur minier de nombreux pays africains et les représentants de l'industrie australienne des ressources minérales.
Organisée pour la septième année consécutive, la conférence Africa Down Under est à présent devenue l'événement australien par excellence pour les Australiens impliqués dans le secteur des ressources minérales africain.
Cette Conférence représente une opportunité formidable pour les entreprises australiennes souhaitant entrer en contact avec les gouvernements africains, car ils peuvent ainsi identifier ensemble les différentes possibilités qui s'offrent à eux et les différentes opportunités commerciales.
La présence aujourd'hui de plus de 900 participants, ce qui représente le plus grand rassemblement associé à l'innovation, la technologie et la gestion des ressources minérales australiennes, atteste de la confiance que les Australiens ont en l'avenir de l'Afrique.
Il en va de même pour le gouvernement australien.
Renforcement de l'engagement de l'Australie avec l'Afrique
Le gouvernement australien s'engage résolument à renforcer l'engagement de l'Australie avec l'Afrique.
Jusqu'à présent, l'Australie n'a pas placé l'Afrique parmi ses priorités comme elle aurait dû le faire : l'Afrique a besoin et mérite qu'il en soit autrement.
Le gouvernement australien est fermement décidé à changer cela.
Nous travaillons dur dans ce sens depuis que nous sommes au pouvoir et la situation s'améliore.
En janvier, j'étais le premier ministre des affaires étrangères australien à participer à une réunion des ministres des affaires étrangères de l'Union africaine à Addis-Abeba.
Lors de cette réunion, j'ai identifié trois axes prioritaires d'engagement pour l'Australie :
- Soutenir les efforts de l'Afrique quant à la promotion de la croissance économique et de la prospérité par le biais de l'investissement et du commerce;
- Accélérer les progrès réaliser par l'Afrique et l'aider à atteindre ses objectifs de développement pour le Millénaire; et
- Traiter des enjeux à relever par l'Afrique en matière de paix et de sécurité.
L'Australie souhaite développer les relations existantes dans le domaine des affaires, du commerce, de l'investissement et de l'industrie, élargir les contacts actuels dans le domaine des échanges en matière d'éducation et de relations interpersonnelles et faire profiter l'Afrique de son expertise et de son expérience en matière de développement, de sécurité et de prospérité tout au long du XXIème siècle.
Liens associés au commerce et à l'investissement
La hausse de l'investissement australien dans le secteur des ressources pétrolières et minérales africain est imposante.
Plus de 300 entreprises australiennes sont à présent actives en Afrique et l'investissement australien actuel et potentiel est estimé à environ 20 milliards de dollars américains.
Les entreprises australiennes sont particulièrement bien représentées dans les secteurs de l'exploitation des mines, du pétrole et du gaz et possèdent des permis d'exploration ou d'exploitation minière dans plus de 30 pays du continent africain allant de l'or dans le République démocratique du Congo au platine en Afrique du Sud, du cuivre en Zambie aux sables minéralisés au Sénégal.
Les entreprises australiennes sont également très actives dans le domaine de la prestation de nombreux services associés à l'exploitation minière tels que l'ingénierie, les services-conseils et l'analyse.
Les entreprises australiennes se dotent en Afrique de technologies particulièrement avancées et d'une expertise de renommée internationale.
Elles sont particulièrement bien réputées pour leur intégrité, leurs bonnes pratiques en matière d'exploitation minière, les pratiques sécuritaires qu'elles utilisent dans les mines, leurs procédés en matière de protection et de durabilité de l'environnement et le développement des compétences de la main d'œuvre.
Les entreprises australiennes préconisent un comportement commercial juste et de bonnes pratiques d'exploitation minière en Afrique et dans le reste du monde.
Le gouvernement australien s'engage à s'assurer que l'investissement de l'Australie correspond aux objectifs économiques et de développement de l'Afrique.
Nous souhaitons travailler en étroite collaboration avec les gouvernements africains en vue d'optimiser les possibilités d'investissement et par conséquent d'emploi, de développement des compétences, de transfert de technologie, de développement communautaire et de gestion durable de l'environnement.
L'Australie est bien placée pour aider à développer le secteur des ressources minérales d'Afrique et à exploiter le potentiel économique qui en résulte.
Une grande partie de notre puissance économique repose sur le succès de l'industrie des ressources minérales australiennes.
L'Australie a établi ses propres accords de gestion pour l'industrie des ressources minérales.
Nous sommes prêts à travailler avec les gouvernements africains, les différents secteurs impliqués et les bailleurs de fonds internationaux en vue d'assurer la mise en place de normes de transparence et de gestion efficaces.
L'Australie a beaucoup investi dans le secteur minier africain ce qui représente également une impulsion importante à l'exportation de marchandises et de services australiens sur le continent africain.
Le commerce de marchandises entre l'Australie et l'Afrique a augmenté à un taux moyen annuel de plus de 10 % au cours des dix dernières années.
En 2008, l'ensemble du commerce de marchandises entre l'Australie et l'Afrique a dépassé 6 milliards de dollars, dont 4 milliards de dollars de marchandises exportées de l'Australie en Afrique.
Renforcement de l'engagement général
Le gouvernement australien met la priorité sur l'établissement de contacts de haut niveau avec les gouvernements africains en vue de véhiculer personnellement l'engagement de l'Australie en matière de renforcement des relations à long terme avec les pays du continent africain.
J'ai rencontré un certain nombre de mes homologues africains à Addis-Abeba lors de la réunion de l'Union africaine ainsi qu'à New York lors de l'Assemblée générale des Nations Unies et, plus récemment, à Sharm el-Sheikh lors de la réunion du Mouvement des pays non-alignés.
L'Australie multiplie également les rencontres de haut niveau en Afrique.
Je me suis rendu à Addis-Abeba cette année et je compte y retourner en 2010.
Notre Gouverneur-générale s'est rendue dans neuf pays africains en mars et en avril cette année. Cela représente une étape historique qui souligne la volonté de l'Australie à renforcer son engagement.
Nous mettons également en œuvre un réseau australien de relations diplomatiques officielles en Afrique.
L'année dernière, l'Australie a établi des relations diplomatiques avec le Burkina Faso et le Libéria.
Cette année, nous avons établi des relations diplomatiques avec le Niger, la République du Congo, la Guinée équatoriale, le Sao Tomé-et-Principe et le Togo.
L'Australie a à présent des relations diplomatiques avec 48 des 53 pays africains.
Ces relations nous permettent de travailler en étroite collaboration avec nos partenaires africains et ainsi d'aborder des questions à l'échelon mondial telles que le changement climatique, la réforme financière et la criminalité transnationale et à mettre les entreprises australiennes en valeur.
J'ai été heureux d'accueillir en Australie quatre de mes homologues africains récemment : M. Bernard Membele, Ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale de Tanzanie, M. Moses Wetang'ula, Ministre des Affaires étrangères du Kenya, Mme Rosemary Museminali, Ministre des Affaires étrangères et de la coopération du Rwanda et M. Phandu Skelemani, Ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale du Botswana.
La semaine prochaine, j'aurai l'honneur d'accueillir à Perth M. Baloi, Ministre des Affaires étrangères du Mozambique. Le Mozambique est à présent le deuxième partenaire commercial le plus important de l'Australie en Afrique. Notre investissement dans le secteur minier de ce pays va grandissant.
Ces rencontres représentent des occasions sans pareil d'identifier les domaines dans lesquels l'Australie peut renforcer ses relations avec ses partenaires actuels et établir des relations avec de nouveaux partenaires africains.
Lors de mes discussions avec les ministres africains et les hauts fonctionnaires, j'entends souvent que les gouvernements africains souhaiteraient recevoir plus d'investissements en provenance d'Australie dans les différents secteurs associés aux ressources minérales en Afrique.
Consultations avec l'industrie australienne
Le gouvernement australien s'engage à encourager le commerce et l'investissement en Afrique en développant la consultation et la collaboration avec l'industrie australienne.
Les missions diplomatiques australiennes en Afrique - nos ambassades et nos hauts-commissariats - jouent un rôle important dans l'avancement des intérêts commerciaux australiens en Afrique.
Nos hauts-commissaires et ambassadeurs en poste en Afrique subsaharienne et M. Greg Hull, Délégué commercial principal d'Austrade, sont ici aujourd'hui et ils participeront à une table ronde cette après-midi.
La conférence Africa Down Under représente une excellente occasion pour les organismes gouvernementaux australiens de s'entretenir directement avec les entreprises australiennes.
Je vous encourage donc à parler directement aux représentants du gouvernement australien de vos centres d'intérêt et à étudier la façon dont les organismes gouvernementaux peuvent vous aider.
Nombreux d'entre vous connaissent déjà Austrade en Afrique du Sud. Austrade dirige le Consulat général en Libye et a récemment élargi sa présence en Afrique subsaharienne avec la nomination de représentants au Ghana et au Kenya dont les responsabilités couvrent l'Afrique de l'Ouest et de l'Est.
Le gouvernement australien serait heureux de recevoir vos avis et vos suggestions quant à la meilleure façon d'aller de l'avant.
Vous avez en effet un rôle important à jouer sur la façon dont l'Australie peut optimiser son engagement avec l'Afrique.
Hier, le Ministère des Affaires étrangères et du commerce extérieur et Austrade se sont réunis avec les représentants de l'industrie pour étudier la meilleure façon d'améliorer notre consultation sur les questions qui ont trait au secteur minier en Afrique.
Je suis content que la réunion d'hier ait aboutit à l'établissement d'un forum de consultation régulier. J'ai hâte de voir les projets concrets et ambitieux qui sortiront de ces discussions.
Outre notre soutien à la conférence Africa Down Under, le Ministère des Affaires étrangères et du commerce extérieur et la Délégation commerciale australienne participent également à Mining Indaba.
Mining Indaba est la plus grande conférence sur l'exploitation minière en Afrique et elle a lieu tous les ans en février à Cape Town, en Afrique du Sud.
Plusieurs entreprises représentées ici aujourd'hui ont sponsorisé la participation de l'Australie à Indaba et je voudrais profiter de cette occasion pour les remercier.
Tout comme Africa Down Under, Mining Indaba représente une excellente plateforme pour les gouvernements africains et les investisseurs australiens, les entreprises d'exploitation minière et les prestataires de service, car ils peuvent alors identifier les nouvelles possibilités qui s'offrent à eux au sein de l'industrie et renforcer leur collaboration.
L'Australie sera à nouveau très bien représentée à Indaba l'année prochaine.
Aide au développement de l'Australie à l'étranger
Nous tenons à ce que le programme d'aide au développement de l'Australie en Afrique permette une contribution unique et positive pour l'avenir de l'Afrique.
Cette année, nous avons augmenté l'aide au développement auprès de l'Afrique de 40 %, ce qui représente plus de 160 millions de dollars.
L'une de nos principales actions consiste à remettre des bourses d'études.
Bourses d'études
Les relations qui lient l'Australie à l'Afrique en matière d'éducation sont solides et vont grandissant. Plus de 9 000 étudiants africains étudient actuellement en Australie.
Le gouvernement australien conçoit en effet que l'éducation joue un rôle clé dans l'établissement du potentiel de développement économique et social de l'Afrique.
Nos services d'enseignement ont une renommée mondiale et sont bien placés pour répondre à cette demande.
L'Australie a remis plus de 3 600 bourses d'études tertiaires à l'Afrique depuis 1960.
A Addis-Abeba, j'ai annoncé une augmentation sans pareil du programme de bourses d'études de l'Australie. Cette augmentation est déjà en cours.
D'ici 2012-13, le programme permettra l'obtention de 1 000 bourses à long et à court terme par an qui seront disponibles au sein de tous les pays d'Afrique.
Les bourses d'études à court terme sont axées sur l'infrastructure et la gestion des ressources naturelles et visent à exploiter la croissance économique et les possibilités de développement associées au revenu obtenu à partir des industries de ressources minérales.
Une partie importante de l'aide apportée par l'intermédiaire du programme de bourses d'études repose sur le développement des compétences dans des domaines tels que les systèmes d'information géographique pour le secteur des ressources naturelles, le renforcement des compétences en matière de gestion des études géologiques, des revenus obtenus par le secteur des ressources naturelles et la réglementation associée.
Je suis heureux d'annoncer que l'Australie mettra à disposition 24 nouvelles bourses de recherche à disposition cette année dans le domaine des ressources naturelles ce qui représente 19 bourses de recherche de plus qu'en 2008.
Le programme, qui n'était alors disponible que dans cinq pays (Kenya, Malawi, Mozambique, Tanzanie et Zambie), sera à présent disponible dans 15 pays africains en tout (Botswana, Burkina Faso, Cameroun, Ghana, Kenya, Liberia, Malawi, Mozambique, Namibie, Nigeria, Rwanda, Sierra Leone, Tanzanie, Uganda et Zambie en plus).
Industries des ressources naturelles viables
Forte de ses connaissances et de son expertise, l'Australie est à même d'aider les pays africains à développer leur secteur minier et à encourager l'investissement, en identifiant et en supprimant notamment les barrières qui empêchent le développement de l'industrie par le biais d'un soutien ciblé.
En vue de mener les projets à bien et de faire des bénéfices, les entreprises australiennes ont également besoin des pays africains afin d'apporter de la certitude, de la transparence et de la clarté en matière juridique et réglementaire, notamment en ce qui concerne les titres de propriété, les baux et les permis miniers.
Les pays africains qui présenteront les codes d'exploitation minière les plus intéressants et les règles d'investissement les plus transparentes seront ceux qui seront les plus à même de profiter de la reprise économique mondiale.
Je suis heureux d'annoncer aujourd'hui que l'Australie est en train de créer un nouveau mécanisme d'assistance technique - le Fonds de partenariat Australie-Afrique.
Ce fonds permettra à l'Australie de mettre son aide technique à profit en vue d'aider les pays africains à exploiter leurs richesses minérales.
Le Fonds de partenariat permettra aux gouvernements africains d'avoir accès à l'expertise technique australienne dans le secteur des ressources minérales ainsi qu'aux politiques commerciales, à la réforme du secteur public et au développement du secteur privé.
L'un de nos objectifs en tant que gouvernement est d'aider à s'assurer que les industries des ressources minérales contribuent au développement économique et social durable.
En mars, le gouvernement australien a subventionné une conférence au Mozambique sur la façon dont l'utilisation efficace des revenus et des investissements en matière de responsabilité sociale d'entreprise pourrait accélérer le développement à long terme. Cela témoigne de combien les affaires et le développement vont de pair.
Nous soutenons des programmes internationaux tels que l'Initiative pour la transparence dans les industries d'extraction. L'Australie a attribué 1,45 million de dollars au Fonds de dépôt à bailleurs de fonds multiples géré par la Banque mondiale pour soutenir cette initiative.
Crise financière mondiale
La crise économique mondiale a eu des répercussions négatives importantes sur l'Afrique.
La demande à l'exportation a chuté et il en est de même pour les prix des produits de base, les recettes publiques et les rentes venant de l'étranger.
La diminution de l'enveloppe globale des crédits et l'augmentation de l'aversion pour le risque ont fait diminuer les niveaux d'investissement étrangers et augmenter le coût du financement des transactions commerciales.
On s'attend à ce que la croissance économique en 2009 soit inférieure à 3 %.
Nous ne devons cependant pas perdre de vue les tendances positives que présentent les économies africaines à long terme.
L'année dernière, l'Afrique a bénéficié d'une croissance économique estimée à 5,7 %. C'était alors la cinquième année consécutive que la croissance économique de l'Afrique dépassait les 5 %.
Tandis que le prix élevé des produits de base a joué un rôle considérable dans cette croissance, il convient de noter que la gouvernance économique a été améliorée, ce qui a également eu des répercussions positives.
Tandis que les perspectives économiques mondiales demeurent incertaines, on peut encore faire mieux dans ce domaine.
Commentaires finaux
L'intérêt et l'importance de l'Afrique pour l'Australie vont grandissant et ce dans le domaine des affaires, de l'éducation et des relations interpersonnelles.
Le gouvernement australien, pour sa part, s'engage à renforcer ces relations davantage, aussi bien en tant qu'amie qu'en tant que partenaire.
Nous sommes sur la bonne voie mais il y a encore beaucoup de travail à faire.
Je tiens à remercier tous ceux qui contribuent au succès d'Africa Down Under.
Je vous souhaite à tous mes meilleurs vœux de réussite.