The Hon. Stephen Smith MP, Australian Minister for Foreign Affairs
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Discours

25 mai 2009

LA JOURNEE DE L’AFRIQUE

Excellences

C’est avec chaleur que j’accueille, ce soir, mon homologue tanzanien, l’honorable Monsieur Bernard Membe.

Nous sommes aussi honorés de la présence de deux autres groupes de visiteurs africains distingués.

J’accueille aussi cinq grands journalistes africains qui sont en Australie pour la Visite internationale des Medias sponsorisée par le Ministère australien des Affaires étrangères et du Commerce extérieur.

Finalement, j’accueille aussi des représentants de sept pays africains qui sont à Canberra cette semaine pour un cours de politique commerciale organisé par le ministère.

La journée de l’Afrique

Nous commémorons ce soir la création, il y a 46 ans, de l’Unité Africaine des temps modernes, l’Organisation de l’Unité Africaine, qui est aujourd’hui l’Union Africaine.

30 des 32 états africains indépendants à cette époque s’étaient réunis à Addis Abeba pour signer la charte fondatrice de l’Organisation.

La décolonisation touchait à sa fin. Les dirigeants africains s’engagèrent à construire ensemble un avenir plus prometteur pour leur continent.

Depuis, beaucoup de choses ont été accomplies achevées par les peuples d’Afrique en dépit de considérables défis.

L’Australie félicite l’Union Africaine et les pays africains pour ces accomplissements.

Nous célébrons l’Union Africaine et honorons une organisation dédiée à assurer à l’Afrique la place qui lui revient sur la scène internationale et à garantir une vie meilleure pour tous les peuples d’Afrique.

L’Australie et l’Afrique: un nouvel engagement

Il y a un an, j’assistais pour la première fois à la célébration de la journée de l’Afrique, ici à Canberra, avec le sentiment que l’Australie n’avait pas toujours donné à l’Afrique l’attention qu’elle demandait et méritait.

En tant que Ministre des Affaires étrangères, j’étais déterminé à changer cela. Aujourd’hui, je suis convaincu que nous faisons des progrès.

Nous avons travaillé fortement à élargir et à renforcer notre engagement en Afrique.

En janvier, j’ai eu le privilège d’être le premier Ministre australien des Affaires étrangères à prendre la parole lors d’une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’Union africaine à Addis Abeba et à rencontrer près de trente de mes homologues africains.

J’ai dit à mes collègues, les ministres des Affaires étrangères africains, que l’Australie souhaitait contribuer à l’avenir de l’Afrique en offrant son expertise et son expérience.

J’avais identifié les domaines principaux:

J’ai parlé de l’importance de la libéralisation du commerce et ai discuté de la contribution que l’Australie peut offrir en coopérant dans les domaines de l’agriculture et des mines, de la santé maternelle et infantile, et du maintien de la paix.

Dans les quatre mois qui suivirent ma visite à Addis Abeba, l’Australie a pris d’importantes mesures pour réaliser ces objectifs.

Renforcer les liens

Le renforcement des relations se fait par des échanges à haut niveau.

Le ministre de la défense, M. Joel Fitzgibbon a visité l’Afrique en février pour discuter des questions de la paix et de la sécurité ainsi que de la future coopération avec la défense australienne.

Le Gouverneur Général, Mme Quentin Bryce, s’est rendue dans neuf pays africains en mars et en avril, soulignant le désir de l’Australie à s‘engager plus profondément.

C’est avec plaisir que je reçois M. Membe en Australie. Je me réjouis à l’avance de la visite de plusieurs collègues africains dans les semaines et les mois à venir.

Récemment, l’Australie a établi des relations diplomatiques avec un certain nombre de pays africains; à la fin de l’année dernière, notamment, avec le Burkina Faso et le Libéria.

Le 7 mai, des cérémonies de signatures pour l’établissement de relations diplomatiques avec le Niger et la République du Congo se sont déroulées à New York.

Aujourd’hui, l’Australie a des liens diplomatiques avec 45 des 53 pays africains, et nous n’avons pas l’intention d’en rester là.

Des relations diplomatiques formelles offriront de nouvelles opportunités pour achever nos objectifs bilatéraux dans le commerce et les investissements et pour trouver des solutions mondiales à des questions telles que les réformes commerciale et financière, le changement climatique, la criminalité transnationale et la sécurité internationale.

Les liens entre nos peuples sont cruciaux pour la réussite de notre engagement.

La présence des journalistes parmi nous ce soir est un signe de la meilleure compréhension entre nos deux pays.

Je crois fermement que les étudiants, y compris les quelqus 9000 Africains qui étudient en Australie peuvent nouer des liens personnels et exprimer notre entente mutuelle sur laquelle nous bâtirons un avenir ensemble.

Les jeunes Africains qui ont étudié en Australie retourneront en Afrique non seulement avec une éducation de standard mondial, mais aussi comme des amis de l’Australie et des ambassadeurs de l’Australie pour la vie.

Promouvoir la croissance économique et la prospérité par les investissements et le commerce

Le commerce de l’Australie avec l’Afrique s’est accru régulièrement ces dix dernières années, à une moyenne annuelle de plus de 8%.

La croissance des investissements est particulièrement impressionnante. Il y a vingt ans, les pays africains où les compagnies australiennes avaient investi de manière substantielle se limitaient à six. Mais aujourd’hui, nous sommes fiers de noter qu’il y a plus de 300 compagnies australiennes présentes en Afrique avec des investissements actuels et potentiels s’élevant à 20 milliards de dollars américains.

Cet aspect de notre engagement est fondamental parce que ce sont les investissements et le commerce qui transformeront l’Afrique.

Les compagnies pétrolières et minières sont actuellement les plus proéminentes, beaucoup sont originaires de mon état, l’Australie occidentale.

J’ai rencontré certaines de ces compagnies à Perth, en février, et j’ai exposé les plans du gouvernement australien pour accroître son engagement sur le continent en vue de répondre à leurs intérêts croissants.

Une fois de plus, l’Australie a été fortement présente à la plus grande conférence minière africaine, Mining Indaba, à Cape Town, cette année. Nous attendons avec impatience Africa Down Under à Perth, en septembre, pour développer nos liens dans ce secteur.

Le Conseil des Affaires Australie-Afrique travaille à rapprocher les communautés d’affaires et à promouvoir le commerce et les investissements des deux côtés de l’océan Indien.

Début septembre, le Conseil organisera une importante conférence nationale au Queensland, donnant ainsi un nouvel élan aux relations économiques et au dialogue entre les gouvernements et les compagnies.

Comme l’Afrique, l’Australie a pour objectif ouvrir des marchés autour du monde afin de promouvoir la prospérité à long terme.

Coopération dans le domaine du développement

Nous avons augmenté notre aide financière au développement en Afrique de plus de 40% pour l’année budgétaire 2009-2010. L’Afrique continuera à bénéficier de notre programme d’aide qui atteindra 0,5% du RNB d’ici 2015-2016.

Agriculture

Comme beaucoup de pays africains, l’Australie est un important exportateur agricole. Nous devons travailler ensemble pour faire tomber les mesures protectionnistes par le biais du Cycle de Doha, sous l’égide de l’OMC.

La participation des représentants africains au cours de politique commerciale, organisé par le ministère australien des Affaires étrangères, est l’expression même du soutien apporté aux pays africains afin d’ accroître leur accès au système commercial mondial.

La sécurité alimentaire est essentielle dans la capacité de l’Afrique d’éradiquer l’extrême pauvreté et la faim. L’Australie est bien placée pour faire une contribution unique dans ce domaine.

Nous avons annoncé récemment notre initiative pour La Sécurité Alimentaire par le Développement Rural. Cette initiative consacrera 100 millions de dollars à soutenir les efforts de l’Afrique pour une période de quatre ans.

Le gouvernement australien et des équipes scientifiques se sont rendus dans plusieurs pays africains pour consulter les gouvernements et les organisations régionales sur la mise en oeuvre du programme australien.

Nous allons travailler en collaboration avec nos partenaires clés, y compris l’Union Africaine, pour soutenir la recherche agricole, augmenter les récoltes, développer des filets de sécurité sur le plan social et accroître les échanges commerciaux par l’intégration des marchés régionaux.

Education

Le développement des ressources humaines est la clé de l’avenir de l’Afrique. Les pays africains reconnaissent la grande qualité de l’éducation fournie par les institutions australiennes.

Dans le cadre de la nouvelle stratégie australienne pour le développement de l’Afrique, nous apporterons notre soutien à bien d’autres étudiants pour qu’ils puissent développer leurs compétences et réaliser leur potentiel.

Dans les quatre années qui viennent, nous allons étendre notre programme de bourses, à court et à long terme, à toute l’Afrique, dans les domaines de la sécurité alimentaire, la gestion des ressources naturelles, la santé maternelle et infantile, l’eau et l’assainissement.

Nous avons déjà commencé. D’ici janvier 2010, plusieurs autres pays auront accès à ces bourses et le nombre de bourses que nous offrirons en Afrique s’élèvera à 200. Le programme continuera à s’étendre considérablement dans les années suivantes.

Nombreux sont les pays africains qui ont spécifiquement demandé une aide pour le renforcement des capacités dans le secteur des ressources naturelles. Dans la deuxième moitié de 2009, nous mettrons au place notre programme de bourses universitaires pour la gouvernance des entreprises minières.

L’Australie contribuera aussi à aider l’Afrique à développer sa capacité en ressources humaines en lui offrant une assistance technique. Grâce à notre partenariat Australie - Afrique, les pays africains bénéficieront d’une assistance technique dans les domaines où l’Australie a beaucoup d’expérience, tels la gestion des ressources naturelles, l’agriculture, la politique commerciale et la gouvernance.

La santé maternelle et infantile

La santé maternelle et infantile continueront à être au cœur de notre programme de développement, de même que l’accès à l’eau potable et à l’assainissement.

En janvier, j’ai visité l’hôpital d’Addis Abeba spécialisé dans le traitement des fistules. J’ai pu constater par moi-même l’impact que l’assistance spécialisée et dévouée, comme celle du Dr Catherine Hamlin, peut avoir sur la vie des femmes et de leurs familles.

Le gouvernement s’engage à accroître la formation des sages-femmes, à soutenir les orphelins du VIH/SIDA et le traitement des fistules obstétriques.

Relever les défis de la paix et de la sécurité

Nous reconnaissons que la paix et la sécurité sont essentielles pour le développement soutenu de l’Afrique.

Depuis longtemps, l’Australie a participé aux opérations de maintien de la paix en Afrique. Des effectifs australiens sont actuellement déployés dans la mission onusienne du Soudan et dans la mission australo-onusienne au Darfour. L’Australie est aussi un important contributeur financier aux missions de l’ONU en République Démocratique du Congo, au Libéria, en République centrafricaine et au Tchad.

Lors de mes discussions à Addis Abeba, nous avons discuté de ce que représente le rôle du maintien de la paix aujourd’hui. Il ne se limite pas aux forces armées mais inclut maintes activités. La promotion de la sécurité humaine, le renforcement de la confiance et des capacités, des programmes pour renforcer le respect de la loi, le développement économique et social, sont tous des éléments essentiels au succès d’une mission.

Le succès de nos missions régionales au Timor oriental et aux Iles Salomon nous a appris que le maintien de la paix ne relève plus exclusivement des Nations Unies. Des opérations de maintien de la paix non-onusiennes sont fréquemment menées par des groupes multinationaux ou régionaux.

Nous encourageons l’Union Africaine dans ses efforts à joindre les Nations Unies pour résoudre des conflits en Afrique en trouvant des solutions régionales à des problèmes régionaux.

Mon collègue, le ministre de la défense, M. Joel Fitzgibbon, a eu des entretiens très positifs avec l’Union Africaine lors de sa récente visite à Addis Abeba, en février.

Pour commencer, l’Australie a décidé de créer une position d’Attaché de Défense en Afrique et d’offrir une formation en Australie au personnel de la défense africaine.

De plus, l’Australie, en collaboration avec l’Union Africaine et les Nations Unies, organisera un symposium sur le maintien de la paix pour permettre les échanges d’expériences et d’expertises.

L’Australie veut jouer un rôle et aider à relever les défis auxquels font face les pays africains.

C’est avec plaisir que nous avons alloué, en avril, 2 millions de dollars supplémentaires pour l’aide humanitaire et le soutien à la mission de l’Union Africaine en Somalie qui joue un rôle clé dans les efforts pour mettre en place un gouvernement stable dans le pays.

Les pays africains participent de plus en plus activement à la recherche de solutions multilatérales collectives à des questions mondiales telles que la réforme du commerce, la crise financière mondiale, le changement climatique, le contrôle des armes, le terrorisme et les conflits régionaux.

L’Australie est prête à assister les pays africains dans leur lutte contre le terrorisme et le crime transnational.

Mon collègue, le ministre de l’intérieur a annoncé dans le Budget l’allocation de 17,2 millions de dollars, sur une période de quatre ans, pour aider l’Afrique à renforcer ses services chargés de faire respecter la loi et ses institutions juridiques dans le cadre d’un programme international plus vaste.

Nous fournirons aussi une assistance technique aux pays africains pour développer une capacité d’enquête médico-légale, afin de soutenir la lutte contre le blanchiment et de renforcer la capacité et les structures légales.

Le Zimbabwe

L’Australie se réjouit de la présence des pays africains aux conseils des Affaires internationales.

La Communauté du Développement Sud-Africain a joué un rôle dans la mise en application de l’accord de partage du pouvoir au Zimbabwe. En tant que garants de cet accord, la CDSA et l’Union Africaine veillent à ce que le Zimbabwe reste sur le chemin de la réforme.

Même si le Zimbabwe fait toujours face à des défis considérables, les choses ont progressé. L’Australie s’engage à assister le Premier ministre, M. Tsvangirai et ses ministres à reconstruire le Zimbabwe.

J’ai annoncé aujourd’hui l’allocation d’une aide supplémentaire de 6 millions de dollars pour le Zimbabwe; elle contribuera à soutenir les efforts pour relancer l’agriculture, à restaurer les services d’eau et d’assainissement, et à assister les programmes existants qui aident à la transition du Zimbabwe vers la démocratie.

Deux millions seront consacrés à l’amélioration de la sécurité alimentaire et au rétablissement de l’agriculture grâce au Programme d’Aide Prolongé que l’Australie finance avec le ministère britannique du Développement international. En soutenant l’acquisition de semences et de fertilisants pour la prochaine saison agricole, l’Australie met en place les conditions nécessaires pour que le Zimbabwe ne dépende plus de l’aide alimentaire d’urgence mais développe une agriculture durable.

Deux autres millions iront aux ONG australiennes pour restaurer les services d’eau et d’assainissement dans plusieurs petites villes et des centres ruraux en développement. Nous attribuerons 1 million supplémentaire à l’UNICEF pour l’eau et l’assainissement. La réparation et la réhabilitation des services d’eau et d’assainissement sont essentiels pour le retour de la croissance économique et la prévention de nouvelles épidémies de choléra.

Ceci est en supplément des 10 millions annoncés en mars au profit de la santé, de l’eau et de l’assainissement. Par l’intermédiaire de l’UNICEF, l’Australie a fourni 5 millions de dollars aux conseils municipaux pour la provision de produits chimiques nécessaires au traitement de l’eau, et 5 autres millions au ministère britannique du Développement international en vue d’aider les personnels de santé à retourner au travail.

Grâce à cette assistance, l’aide australienne au Zimbabwe s’élèvera à 42 millions de dollars pour l’année 2008-2009.

Ces mesures sont importantes. Elles vont au-delà de l’aide humanitaire et représentent un soutien à long terme pour le rétablissement de services essentiels et la reconstruction du Zimbabwe.

Nous ne nous faisons aucune illusion en ce qui concerne la situation politique au Zimbabwe. Nous savons qu’en dépit des récents progrès, beaucoup de problèmes demeurent. Nous continuerons à examiner comment nous pouvons accroître notre aide.

L’eau, l’assainissement et la sécurité alimentaire resteront probablement des priorités. Il sera aussi important de fournir une aide au renforcement des capacités en vue de restaurer les services et de mettre en œuvre les réformes.

La visite du Ministre des Affaires étrangères en Tanzanie

Comme je l’ai déjà dit, c’est avec grand plaisir que j’accueille mon collègue, le Ministre tanzanien des Affaires étrangères et de la coopération internationale, M. Bernard Membe.

La visite de M. Membe est la première visite d’un Ministre tanzanien des Affaires étrangères en Australie depuis 1989.

Les relations bilatérales entre la Tanzanie et l’Australie remontent à des décennies. Aujourd’hui, nous avons discuté de la manière de renforcer cette relation de façon concrete, pour nos intérêts mutuels. Nous avons beaucoup en commun.

Le gouvernement australien apprécie le rôle déterminant de M. Membe et de son gouvernement dans les questions politiques et de sécurité en Afrique, ainsi que ses appels pour la démocratie, y compris au Zimbabwe.

Monsieur le Ministre, c’est un honneur de vous accueillir aujourd’hui, pour votre première visite en Australie. Je suis sûr que celle-ci sera fructueuse, et j’attends avec impatience ma visite en Tanzanie dans un proche avenir.

Conclusion

En célébrant les accomplissements de l’Afrique aujourd’hui, nous nous tournons vers l’avenir et nous pensons au rôle plus important que l’Afrique est destine à jouer sur la scène internationale.

L’Australie est déterminée à travailler avec l’Afrique en tant qu’amie et partenaire dans les années et les décennies à venir. Nous sommes certains que nos efforts en commun pour renforcer notre engagement profiteront à nos deux continents.

Une fois encore, je vous présente mes félicitations pour la Journée de l’Afrique.

Merci.

[ends]